Photo début du siècle montmartre et les peintres rue giradon

La Butte a inspiré plus d’un artiste. Ses moulins, ses églises, ses rues, ses places ont été sources d’inspiration pour bon nombre d’entre eux. Certains y ont posé leurs valises, d’autres simplement leurs chevalets.

 

Pourquoi ce quartier les attirait-il autant ?

Parce que le prix des loyers y était beaucoup moins élevé qu’ailleurs dans la capitale, que des journaux tels que Le chat noir ou encore Le rire assuraient leur promotion et qu’il régnait dans ce village une émulation artistique. Partons à la découverte de ces peintres et de leurs chefs d’œuvre.

 

Le quotidien de Montmartre représenté par Utrillo, Degas, Van Gogh, et Lautrec

Maurice Utrillo (1883-1955). Surnommé « Maumau » sur la Place du Tertre est le fils de Suzanne Valadon, artiste et mannequin. A son tour, il s’est mis à peindre en dévoilant son amour pour ce quartier. Il a écrit sur celui-ci :

« Montmartre, avec tes recoins de petite ville, tes ruelles bohèmes-combien d’histoires pourrait-on écrire sur ce quartier parisien… Je me sentirais toujours bien près de toi, si j’étais assis dans ma chambre et peignais un tableau avec des maisons blanchies à la chaux ! »[1]

La rue Drevet, la rue Chappe, la rue des Abbesses, l’Eglise Saint Pierre et le Sacré-Cœur ont fait partie de ses sujets de prédilection.

 

Le Paris de Degas (1834-1917) a été à la fois celui de l’Opéra et de la Butte Montmartre. Il a vécu dans ce village d’artistes, a passé des journées entières à marcher dans Pigalle et y a rencontré des danseuses qui sont devenues ses modèles. Les cafés ont été une de ses sources de prédilection. Dans une œuvre intitulée « Dans un café » dite aussi « L’absinthe » de 1875-1876, il a représenté une femme attablée au café « Nouvelle Athènes », l’un des lieux de rencontre favoris du groupe impressionniste, situé Place Pigalle.

 

Van Gogh (1853-1890) est connu pour ses paysages d’Auvers-sur Oise ou encore de Provence mais il a aussi représenté Montmartre et s’y est installé chez son frère Théo, rue Lepic. Les moulins, les carrières, les terrains vagues et le quotidien de la Butte l’ont beaucoup inspiré.

 

Toulouse-Lautrec (1864-1901) s’installe dans ce repaire d’artistes en 1884. Cabarets, terrasses, cafés…tout l’inspire….Il sillonne les rues, se rend au Moulin de la Galette, au Moulin Rouge à la recherche de ses modèles. L’une d’elles s’appelle Louise Weber, dite « La Goulue ». Elle était réputée tant pour son appétit insatiable que pour ses danses endiablées, notamment le « quadrille naturaliste » (dérivée du célèbre cancan), attraction principale du Moulin Rouge à partir de 1890.

Une exposition sur les liens tissés entre cet artiste et ce quartier a eu lieu au Grand-Palais fin 2019.

 

Le Moulin de la Galette comme sujet de prédilection et d’inspiration  de Renoir, Picasso, Dali

Renoir (1841-1919) a installé son atelier d’artiste dès 1876 au 12, rue Cortot. Durant cette période, il a eu l’occasion d’étudier les alentours, les lumières, les physionomies. Ces études lui ont permis de peindre le chef d’œuvre «Le Bal du Moulin de la Galette », huile sur toile de 1876. Il nous plonge dans l’atmosphère de la « vie moderne » exaltée par les écrits de Charles Baudelaire. Georges Rivière saisit la valeur de cette œuvre en la décrivant en ces termes : « C’est une page d’histoire, un moment précieux de la vie parisienne, d’une exactitude rigoureuse ».[2]

Comme énoncé précédemment dans nos articles, Picasso (1881 -1973) et Dali (1904-1989) ont vécu sur la Butte, Picasso a eu différentes adresses, Dali une seule qu’il a partagé avec Gala au 7, rue Becquerel. Ils se sont également imprégnés de son quotidien et de son histoire et particulièrement du Moulin de la Galette. Dans une vidéo de l’INA qui date de 1956, on voit le maitre accompagné des comédiens José Ardano en Don Quichotte et Paul Presboist en Sancho Panza.

A deux pas, sur la Place Jean-Baptiste Clément, le public observe sa performance extravagante pour laquelle il a utilisé deux cornes de rhinocéros et du pain imbibé d’encre. Il utilise une technique qu’il invente, le « bouletisme » qui consiste à tirer des balles de plomb truffées d’encre lithographique à l’aide d’une arquebuse.

 

Aujourd’hui, le charme de ce repaire d’artistes qui regarde Paris de haut continue d’être source d’inspiration pour de nombreux artistes sur la célèbre Place du Tertre qui fait partie des lieux mythiques que nous aborderons cette semaine.

 

[1] RUHRBERG, SCHNECKENBURGER, FRICKE, HONNEF, L’art au XXème siècle, peinture, sculpture, nouveaux médias, photographie, TASCHEN

[2] Margherita D’Ayala Valva, Les chefs d’œuvre du musée d’Orsay

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