Après ce tour d’horizon des différentes muses du Maître Espagnol, entrons dans l’intimité de ses ateliers. Il a travaillé dans différents lieux aussi bien en France (Ile-de-France, Normandie, Alpes-Maritimes) qu’en Espagne (Barcelone). Je m’attacherai aujourd’hui à en présenter seulement certains. Partons à leur découverte…

Entre La France et l’Espagne

Sa première idée, lorsqu’il arrive à Paris en 1900, est de louer un atelier rue Campane-Première (Montparnasse) mais il rencontre Nonell (artiste catalan) qui est sur le point de retourner à Barcelone. Il lui offre le sien situé au 49, rue Gabrielle, rue que j’affectionne tout particulièrement et qui est située à deux pas de Dali Paris.

Un an plus tard, en juin 1901 il revient dans la ville Lumière et s’installe boulevard de Clichy, au 130 ter très précisément. Il encombre l’atelier de ses toiles  Une première exposition y est organisée par un de ses amis artistes, Manyac. En avril 1904, il quitte définitivement la Catalogne après avoir effectué huit aller-retours entre la France et l’Espagne. Il va tenter sa chance dans un haut lieu de la création artistique montmartroise : Le Bateau-Lavoir.

 

Le Bateau-Lavoir (1904-1909 / 1911-1912)

Entre joies, misères, création, rencontres amoureuse et amicales, Picasso y a vécu une période mouvementée. D’après Max Jacob : « Tout Paris venait place Ravignan, du moins le Tout-Paris d’alors. C’était un honneur de pouvoir se dire l’ami de Picasso ». Il y était entouré d’amis qui deviendront plus ou moins célèbres. C’est dans cette cité d’artistes située place Ravignan, en haut de Montmartre que Picasso peignit notamment  « Les demoiselles d’Avignon ».

242 boulevard Raspail (Paris, 14ème)

Entre septembre 1912 et septembre 1913, il ne fit que de brefs séjours dans ce lieu. Il y réalisa ses premiers papiers collés et y vit d’intenses moments de bonheur. Il le quitta pour un autre lieu de ce même arrondissement.

5, bis rue Schœlcher (14ème)

« Nous avons trouvé un atelier avec un appartement très grand et plein de soleil, près de chez vous…» écrit l’artiste à Gertrude Stein en août 1913. Il y restera jusqu’à l’été 1916. Il s’agira d’une période d’exploitations multiples, brisé par la guerre et la mort d’Eva Gouel. Picasso s’installe alors dans un pavillon à Montrouge.

23 Rue de la Boétie

Paul Rosenberg qui devint son marchand de tableaux lui procura, 23, rue de la Boétie, un appartement au cinquième étage où il eut la possibilité de louer l’étage au-dessus pour en faire son atelier. Avec la danseuse Olga, il vit « une vie mondaine contraire à ses habitudes, des soupers en son honneur, de nombreux déplacements vont être désormais le tribut de sa célébrité. »

Les années suivantes, il sillonne la France entre Dinard, la Côte d’Azur et la Normandie, et le Château de Boisgeloup.

7, rue des Grands Augustins (Paris, 6ème) de 1937 à 1955.

Dora Maar lui a signalé près de chez elle un atelier disponible au 7 rue des Grands-Augustins où la hauteur des plafonds lui permettra d’entreposer ses grandes compositions.
C’est dans cet atelier que le Maître a peint notamment son célèbre Guernica. C’est dans ce lieu que se tiennent pendant l’hiver 44-45 les premières réunions de l’Association France Espagne auxquelles participèrent notamment Paul Eluard.

Après avoir vécu de belles années mais également des moments difficiles, Picasso délaisse la capitale pour s’établir sur la Côte d’Azur où il eut également différents ateliers. Il s’agira d’une période de renouvellement artistique où il s’attèlera tout particulièrement à la céramique.

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