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ANTIQUE QUANTIQUE

juin 9 - septembre 26

« Ma métamorphose est tradition,
car la tradition est précisément changement et réinvention d’une autre peau »
Salvador Dali

 

Si la métamorphose est l’art de s’affranchir du temps, du cadre, de la pensée rationnelle, Salvador Dali en a fait un élément clé de son processus de création : les variations, transformations, anamorphoses, les déguisements, l’assimilation de toute nouvelle invention, la boulimie créative, accompagnent la recherche du tableau vivant, expression d’une réalité fictive, d’une réalité augmentée qu’il voulait atteindre. Les images qu’il transforme en sculptures, en bijoux, en hologrammes, la projection en trois dimensions de son œuvre picturale inventent un moyen de visualiser le fantasme, de toucher le sens, d’atteindre « l’irrationalité concrète ».

En invitant Léo Caillard, dont l’œuvre s’est originellement fait remarquer par la transformation de statues antiques en véritables preppies, Dali Paris souhaite initier un dialogue sur l’héritage antique et sur la manière dont il perdure à travers les siècles, comme ces Vénus soumises aux distorsions morphologiques. Le travestissement du divin Héraclès en Hipster urbain explore la notion d’identité et par cette bienveillante transgression l’artiste « expose les individus que nous sommes aujourd’hui, empreints de codes sociaux et de style ». Cette immixtion de la modernité de l’idéal de beauté platonicienne viserait-elle, comme l’obsession de la forme chez Dali, à contrer les atteintes naturelles du temps et de vaincre la mort, en atteignant par l’art l’immortalité ?

Car « la rencontre avec l’Histoire » est pour Leo Caillard, comme pour Dali, « un moyen de parvenir à la compréhension du temps ». Mais cette quête de compréhension est bien plus large pour ces deux artistes fascinés par les sciences, Dali avec l’émergence de la bombe atomique et Léo Caillard avec l’essor de la physique quantique. Si cette discipline ne s’adresse qu’à un public averti, elle n’en reste pas moins une source de fascination voire de fantasmes, à l’instar des calculateurs quantiques, capables d’exécuter les algorithmes les plus puissants. Reposant – de manière très schématique – sur l’existence simultanée de corps dans plusieurs états, elle interroge sur la limite de la perception. Si en habillant des statues, ou en les représentant brouillées, distordues, Léo Caillard ne souhaitait pas nous faire réfléchir sur la possible superposition d’états incompatibles ?

Incompatibles ou plutôt impensables, nos états durant la période qui vient de s’écouler semblent avoir été de profonds états d’âme. Horizons contraints et redéfinition de nos référentiels, notre perception des choses et du temps s’est durcie, figée.

Pour tenter d’adoucir ces angles psychologiques, Dali Paris vous invite à assister à un dialogue intime entre deux artistes et à apprécier des esthétiques moderne et contemporaine d’une beauté immuable. Ainsi, se créé une réflexion sur la pérennité, matérielle et intellectuelle, dans une période où l’instantané et l’éphémère dominent l’information, l’économie et même les relations humaines. Sommes-nous en mesure d’accepter l’existence simultanée de plusieurs hypothèses, sans se polariser ; à la manière du chat de Schrödinger ?

Détails

Début :
juin 9
Fin :
septembre 26